Bénévoles à Calais : à quoi ressemblent leurs journées ? Immersion.

Bénévoles à Calais : à quoi ressemblent leurs journées ? Immersion.

Aujourd’hui on estime à 1 000 le nombre de migrants présents à Calais. Ces derniers sont à la rue : ils dorment dans des bosquets, sous des ponts. L’objectif d’associations comme Utopia 56 est donc de répondre aux besoins vitaux : se nourrir et se vêtir. Cet objectif ne peut être rempli que grâce aux dons et aux bénévoles. Ces derniers sont là une semaine, un mois, voire des mois. Immersion dans la journée d’un bénévole.

Lire l’article précédent : «A Calais, associations et bénévoles pallient les carences de l’Etat» .

Matinée : entre état des lieux de la situation et nettoyage

8h00, le réveil sonne dans les mobil-homes partagés par les bénévoles d’Utopia 56. Après un rapide déjeuner et un défilé dans la salle de bain, nous nous retrouvons à la warehouse (hangar) à 9h00 pour le briefing du matin.

C’est l’occasion de s’informer de la situation : y-a-t-il eu des arrivées importantes de migrants ? Des personnes particulièrement vulnérables (enfant à partir de 12 ans, femmes, femmes enceintes, blessés) ont-elles été repérées  ? D’autres ont-elles dû être amenées à l’hôpital et pour quelles maladies ? Y a-t-il eu des violences entre les migrants ? Quelle est l’attitude des forces de l’ordre non seulement envers les migrants mais également envers les associations : inaction, surveillance, harcèlement, violence ? Ce moment d’échange est primordial car la situation change extrêmement rapidement. Aussi, chaque jour, les associations adaptent leurs actions.

Ensuite, nous nous répartissons les tâches de la journée : tri des dons de vêtements et de produits d’hygiène, nettoyage des zones sur lesquelles nous avons effectué des distributions la veille, préparation des camions qui effectueront les prochaines distributions, aide à la préparation des 2 000 à 3 000 repas que l’association Refugee Community Kitchen prépare chaque jour, etc.

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Les cantines de Refugee Community Kitchen prêtent à partir.

9h30 – chacun à sa tâche. Je grimpe dans un camion avec deux autres volontaires pour aller nettoyer nos zones de distribution. A l’arrivée, la place n’est pas libre : l’association Salam distribue les petits-déjeuners et Gynécologue sans frontière renseigne les rares femmes présentes. Les réfugiés, essentiellement des Afghans, des Ethiopiens et des Erythréens déjeunent, discutent, se nettoient le visage et les dents. Nous commençons malgré le monde à ramasser les déchets qui n’ont pas trouvé leur place dans les poubelles. Rapidement, Salomon, un jeune Ethiopien, me propose de m’aider. J’accepte avec joie : Salomon tient le sac pendant que je récolte les détritus. C’est un moment propice pour discuter. Avec beaucoup de pudeur, il m’explique alors son périple. A 16 ans, Salomon a quitté l’Ethiopie pour l’Erythrée, le Soudan, puis l’enfer Libyen. Ensuite, le bateau, tout petit, sur la Méditerranée, puis l’Italie et la France. L’Angleterre en ligne de mire. Cela fait un mois que Salomon est à Calais. En moyenne, les migrants restent 8 mois à 1 an avant de parvenir à traverser, ou repartir.

11h30 – Retour à la warehouse. Le camion est chargé par d’autres bénévoles : nourriture, vêtements, produits d’hygiène. Prêt à repartir.

 

L’après-midi, tri des vêtements et cuisine !

A 13h30, je participe à une méditation guidée par un volontaire prêtre. Un moment important : il nous permet de nous ressourcer et d’évacuer les émotions intenses que nous vivons au quotidien.

14h00, je suis prête à trier, trier et encore trier les vêtements ! L’organisation est bien rodée : des tables comprenant des étalons permettent d’identifier la taille, puis des bacs accueillent les habits par taille et type (pull, tee-shirt…) . Notre rôle est de trier selon ces critères, mais également de vérifier que le vêtement n’est pas troué (auquel cas il est retouché) ou sale (direction la machine à laver). Des heures à trier, regarder, sentir, ranger.

Les quantités peuvent paraître impressionnantes, mais en réalité, les dons manquent, notamment dans les tailles les plus demandées : les migrants sont majoritairement des hommes, minces, et appréciant les coupes près du corps. En conséquence les taille S sont dévalisées !

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Les vêtements homme en taille S sont les plus demandés.

16h30, il est temps de faire une pause avant de rejoindre les cuisiniers qui s’affairent toujours à la préparation des repas du soir, puis au grand nettoyage quotidien de la cuisine. Musique à fond, discussions dans toutes les langues : l’ambiance est sympa, même quand on n’aime pas couper des oignons à la chaîne !

A 18h30, la journée est finie pour les bénévoles qui ne partiront pas en distribution du soir. Retour au camping. Dans un mobil-home ou sur la plage, nous nous retrouvons entre volontaires pour boire un verre, discuter, chanter, jouer de la musique. Ici, le collectif est primordial, la solidarité très importante, et chacun donne à l’autre soutien et réconfort.

La nuit est tombée, d’autres bénévoles ont pris le relais.

 

Engagez-vous ! 

L’action de ces associations n’est possible que grâce à vos dons. Vous pouvez donner des vêtements, des duvets, des produits d’hygiene, effectuer des dons financiers ou bien devenir à votre tour bénévole. Renseignez-vous auprès d’Utopia 56  utopia56.asso@gmail.com. 

 

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One Reply to “Bénévoles à Calais : à quoi ressemblent leurs journées ? Immersion.”

  1. Quel bel engagement! Cela dit, si l’article aborde un thème intéressant, tes descriptions sont lourdes et plates… Dommage que ça évoque plus le mémoire d’une collégienne que la trépidante aventure d’une humaniste engagée… Moi non plus, je n’ai jamais été adepte de la langue de bois (ni de la gueule de bois d’ailleurs). A bon entendeur

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