Et si on dessinait des chattes ?

Et si on dessinait des chattes ?

Des dessins de bites, on en voit partout. Franchement, c’est old fashioned les gars. Place à la chatte !

Aller vers un peu plus d’égalité passe aussi par ces représentations, cette terminologie, que d’aucuns qualifieraient de “vulgaires”.

Car dessiner des bites à la va-vite, comme un art subversif et fugace, c’est encore réaffirmer la présence dans l’espace public, voire la prééminence du mec. Pas de problème, vous avez votre place, mais bordel à queue, on doit prendre la nôtre !

Dessiner des chattes, plus de chattes, encore plus de chattes relèvera non seulement d’un rééquilibrage des représentations, mais également d’une reprise du pouvoir sur ces représentations. Et c’est aussi là que le bât blesse. Ces représentations de nos précieux organes G (G pour génitaux mais aussi géniaux) sont bien souvent extrêmement formatées et lacunaires.

 

La chatte de Barbie

Formatées car dessinées, photographiées, par un regard masculin bâtisseur de son propre désir. On arrive donc à la vision d’un mont de vénus glabre, lisse et fermé. Une ode à la conformité. Or la vulve est bien plus diverse que ces stéréotypes qui ressemblent à s’y méprendre au sexe d’une enfant.

Et le décalage entre les réalités et la chatte idéale créé d’absurdes complexes pour des jeunes filles inquiètes de ne pas correspondre à la femme parfaite que notre société leur vend. La porte est donc ouverte au développement de la chirurgie de la vulve pour en réduire les lèvres. Et le plus inquiétant est que de nombreuses adolescentes, dont la croissance est encore en cours, a recours à la labioplastie. Opération qui, pour toutes les femmes, en plus d’accentuer des complexes et une volonté de conformisme morbide, réduit la sensibilité sur ces parties pourtant très réceptives, au naturel.

Alors, dessiner des chattes, toutes les chattes, permettra de remettre un peu d’équilibre dans la représentation de nos minous, et surtout de n’en rien éclipser.

 

La chatte à trou

Car si la chatte dessinée est formatée à en pleurer, elle est également partielle. Pas de poils bien sûr, mais également pas de clitoris. Il a fallu attendre l’année 2017 pour que les manuels scolaires français incluent le clitoris dans leurs représentations du sexe féminin. Pas étonnant que l’accès au plaisir des jeunes filles soient ensuite un parcours du combattant. Et que les jeunes hommes aient également des difficultés à appréhender le sexe féminin puisque seul son aspect reproducteur était évoqué jusqu’alors !

L’excision théorique du clitoris ralentit les femmes et les hommes dans l’apprentissage et la création de leur sexualité. Car ne pas nommer, ne pas dessiner, c’est nier.

Alors dessinons des chattes ! Revendiquons la diversité pour nos chattes ! A poils ou à facettes, l’important c’est qu’elles soient à la fête !

Plus de chattes c’est par ici –> The Vulva Gallery, The labia library et The Vulva project de l’artiste Kelsey Whyte.

Illustrations en en-tête : The Vulva Gallery.

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