A Calais, associations et bénévoles pallient les carences de l’Etat

A Calais, associations et bénévoles pallient les carences de l’Etat

L’article précédent est ici : «Barbelés et no man’s land : bienvenue à Calais» .

Après ma furtive mais néanmoins marquante rencontre avec la ville de Calais, j’arrive devant les locaux d’Utopia 56, association qui fournit une aide d’urgence aux migrants : nourriture et vêtements. Je suis immédiatement accueillie par l’un de ses coordinateurs, puis une autre de ses bénévoles me fait découvrir les lieux et les associations hébergées.

 

A Calais, les associations pallient les carences de l’Etat

C’est une fourmilière que je découvre à l’intérieur de ce hangar. Des dizaines de bénévoles s’activent. Au total, c’est environ une centaine de volontaires qui est réunie ici par plusieurs associations partageant aussi bien l’entrepôt que les missions. Utopia 56, L’Auberge des Migrants et l’association anglaise Help refugees pourvoient aux besoins dits d’urgence : distribution de nourriture, de vêtements et de produits d’hygiène. Refugee Community Kitchen prépare 2 000 à 3 000 repas par jour et effectue également des distributions. L’info Bus propose aux migrants une information juridique et un accès wifi leur permettant de contacter et rassurer leurs familles. 

A Calais, les associations pallient les carences délibérées de l’Etat. La société civile est obligée de s’organiser pour que ces hommes laissés à la rue aient le minimum : de quoi manger et se vêtir. Les associations œuvrent main dans la main et de manière complémentaire.

 

Des bénévoles engagés et dévoués

Parmi les bénévoles, nombreux sont les Anglais. Les associations d’Outre-Manche ont d’abord été les seules à venir à Calais, ralliées ensuite par les Français. Cette situation peut s’expliquer par une plus forte incitation envers les plus jeunes à l’engagement citoyen et associatif dans le monde anglo-saxon.

Les bénévoles viennent donc pour beaucoup d’Angleterre, d’Irlande, de France, mais également d’Espagne, et dans une moindre mesure de Suisse, du Maroc, et d’Italie. La palme de la bénévole la plus éloignée revient à une Indienne vivant à Singapour !

En période estivale, nombreux sont les volontaires qui sont étudiants en sociologie, biologie, psychologie ou dans le domaine social. Les personnes dans la vie active sont majoritairement issues de professions médico-sociales et du corps enseignant. Mais d’autres profils plus atypiques sont aussi présents : jeunes en rupture scolaire, quinquagénaire en année sabbatique, prêtre… La richesse de ces associations est de réunir aussi bien des doctorants de grandes écoles londoniennes que des “gauchos à dreadlocks”. Hors périodes de vacances, les volontaires sont bien moins nombreux.

Très vite, ce collectif est extrêmement rassurant. Les sourires sont sur tous les visages, il y a toujours un bénévole avec qui discuter ou présent pour offrir le réconfort de ses bras quand la situation est difficile.

Les discussions sont très rapidement intenses et profondes. La présence de chacun à Calais témoigne d’une communauté de valeurs fondamentales : humanité et fraternité.

 

A Calais, c’est grâce à la mobilisation des citoyens que les réfugiés peuvent manger et se vêtir. Les associations remédient aux choix politiques de l’Etat et de la mairie : nier l’existence du millier de réfugiés toujours présent à Calais.

 

Engagez-vous ! 

L’action de ces associations n’est possible que grâce à vos dons. Vous pouvez donner des vêtements, des duvets, des produits d’hygiene, effectuer des dons financiers ou bien devenir à votre tour bénévole. Renseignez-vous auprès d’Utopia 56  utopia56.asso@gmail.com. 

 

Laisser un commentaire

Show Buttons
Hide Buttons
%d blogueurs aiment cette page :