#balancetonporc – Une responsabilité collective

#balancetonporc – Une responsabilité collective

Le phénomène est planétaire. Qu’il s’appelle #metoo aux Etats-Unis, #balancetonporc en France ou #quellavoltache en Italie, il dénonce le même fait : la violence qu’exercent des hommes à l’encontre de femmes.

Si la parole si libère en véritable catharsis, il ne faut pas oublier de questionner la responsabilité collective, pour que les femmes ne soient pas uniquement des victimes.

 

Un flot de hashtags salvateur pour des faits vagues

Les hashtags #balancetonporc et #metoo sont massivement utilisés depuis que la journaliste Sandra Muller et l’actrice Alyssa Milano les ont employés pour la première fois respectivement les 13 et 16 octobre derniers suite à l’affaire Weinstein.

Les faits dénoncés sont extrêmement larges : du harcèlement de rue le plus répandu (que d’aucuns qualifieraient de “banal”), au viol, en passant par l’agression sexuelle. Mais qu’importe aujourd’hui si ce que recouvrent ces hashtags est vague : les femmes doivent prendre la parole en masse pour dénoncer l’étendue du joug sous lequel elles vivent. Elles doivent individuellement et collectivement enfin affirmer qu’être sifflée, touchée, agressée verbalement ou violée est inacceptable. Et pourtant si répandu.

C’est la face cachée d’un monde androcentré que massivement, elles dévoilent aujourd’hui.

 

De la responsabilité d’avoir accepté hier de #protégersonporc

Si cette catharsis salvatrice met enfin au jour l’étendue de la domination masculine, les femmes ne peuvent être uniquement considérées comme des victimes. Elles ont leur part de responsabilité. 

La responsabilité d’avoir accepté.

Dans l’affaire Weinstein, que de jeunes actrices cèdent aux avances d’un homme puissant dans l’espoir de faire carrière, ou plutôt, dans la terreur que leur carrière ne soit brisée peut s’entendre. Mais que des actrices notoirement connues, issues du milieu du cinéma, aient elles-même été les victimes interroge : pourquoi n’ont-elles pas utilisé leur position, leur notoriété, leur réseau, pour se positionner en égale et avoir la force de refuser ? Jusqu’à quel point les “codes” androcentrés d’un milieu, d’une société ont-ils été intégrés par les femmes, y compris les plus puissantes ? Jusqu’à quel point les femmes ont-elles intériorisé qu’elles étaient d’éternelles proies ?

Dans tous les autres cas qui ne seront probablement jamais des affaires au sens juridique du terme, la responsabilité des femmes est, à minima, de s’être tue. D’avoir supporté que la honte soit indûment dans leur camp. Nous sommes collectivement responsables d’avoir intériorisé que nous étions les victimes, les coupables, celles qui subissent et se taisent.

Au-delà de la dénonciation, nous devons lutter contre cette éducation à l’asservissement, au silence et à la soumission.

Et ne jamais se lasser de dénoncer les propos et les faits qui atteignent à notre dignité de femmes, et au-delà, d’être humains.

 

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